L’astronome Giovanni Schiaparelli avait fait sensation au XIXème en annonçant avoir découvert des canaux sur Mars, mais les fantasmes d’une civilisation martienne firent long feu, à part dans la littérature. Les diverses missions sur Mars, à commencer par Viking, révélèrent en effet une planète sans eau et sans atmosphère, et donc peu propice à la vie. D’autres planètes telluriques, comme la Terre, avaient pourtant pu garder une atmosphère… Pourquoi Mars avait-elle perdu la sienne ?

La sonde Maven, lancée par la Nasa en 2013 et toujours en orbite autour de Mars, semble avoir apporté une réponse définitive à ce mystère. Les scientifiques de l’Université de Boulder, au Colorado, responsables de cette mission, ont analysé grâce aux données de la sonde la composition isotopique de l’argon présent dans l’atmosphère résiduelle martienne à diverses attitudes, et ainsi pu établir la perte d’atmosphère martienne : la perte plus importante de l’isotope le plus léger de ce gaz rare a permis d’estimer la déperdition globale de ce gaz, et par extension celle de l’atmosphère martienne.

Le mécanisme à l’origine de cette fuite d’atmosphère est simple : le vent et le rayonnement solaire expulsent une fraction de l’atmosphère martienne. Ce mécanisme toujours à l’œuvre était beaucoup plus actif il y a quatre milliards d’années, lorsque le soleil brillait plus intensément, et il explique aisément la disparition quasi-totale de l’atmosphère martienne. La Terre a pour sa part été épargnée par le bouclier magnétique créé par le champ magnétique terrestre, celui-là même qui perd d’avoir le Nord avec une boussole !

Tschüss !